L’ENAT 0-6 est construit sur le même modèle que L’ENTAT, c’est le même instrument avec quelques ajouts et quelques suppressions selon le stade maturatif. Les nouvelles manœuvres concernent la recherche de la spasticité, des mouvements anormaux, des réactions posturales. La description de chaque manœuvre et observation est décrite dans la référence suivante :
Gosselin J et Amiel-Tison C, Evaluation Neurologique de 0 à 6 ans, 2ème édition, Paris, Elsevier Masson et Montréal, Presses de l’Hôpital Ste Justine, 2008.
Le système de codage est identique à celui du nouveau-né :
0 optimal
1 modérément déviant
2 très déviant
Le codage varie avec la maturation, très rapide au cours de la première année, puis plus lentement ; c’est toujours l’âge corrigé qui est pris en compte. Les examens sont d’abord trimestriels (I, II, III, IV) puis semestriels (V et VI) puis annuels de 2 à 6 ans. La somme totale des scores n’étant jamais utilisée, chaque examen est conclu par une synthèse clinique provisoire basée sur les groupements des signes les plus caractéristiques.
Une catégorisation est faite à 2 ans corrigés comportant 4 niveaux d’anomalies :
- IMOC franche incapacitante (ou paralysie cérébrale), ne permettant pas une marche indépendante
- IMOC mineure, anomalies de nature identique au précédent niveau mais permettant la marche indépendante à 2 ans (AC)
- Triade symptomatique faite d’un déséquilibre du tonus passif axial, d’un stretch phasique du triceps sural et d’un chevauchement des sutures squameuses
- Signes isolés, au premier rang desquels une hypotonie globale.
Les signes neuromoteurs et crâniens persistent quand ils sont installés. Les résultats sont donc stables à partir de 2 ans.
Les calendriers de la motricité grossière et de la motricité fine sont analysés indépendamment.
L’intérêt de cet examen tient au dépistage précoce de l’IMOC franche et à la catégorisation du spectrum des troubles neuromoteurs à 2 ans AC, définissant (avec les troubles associés dans d’autres domaines de la fonction cérébrale) le pronostic à court terme.
Les effets favorables de ces dépistages et catégorisation sont actuellement bien démontrées pour l’enfant et sa famille. En effet ces déficiences sont parallèles au degré des anomalies neuromotrices dans le spectrum IMOC.
Il devient donc possible :
1) d’organiser tôt les interventions appropriées dans le domaine moteur (kinésithérapie ou psychomotricité)
2) d’anticiper la survenue de troubles associés (cognition, langage, coordination, attention) mettant en danger les apprentissages et donc offrir les interventions appropriées (orthophonie, psychomotricité, psychothérapie) de façon préventive.
Une telle rigueur dans le suivi entraîne des interventions anticipées, donc plus efficaces ; elle permet également de procurer ces ressources aux enfants en ayant vraiment besoin, ressources techniques dont on sait qu’elles sont limitées.
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